Grand trail des Templiers, 73 kms 3300 D+, « Sur un air de première fois »

     Une belle rencontre est toujours impromptue, elle vous tombe dessus, vous agrippe et vous happe dans un tourbillon de sensations nouvelles. Arraché à vos rêveries d’alors, vous allez vous surprendre à balayer le rêve au profit de l’espérance…

Introduction Grand Trail des Templiers

Avant de nous élancer dans l’ascension des pentes des Causses Noires, petit éclaircissement linguistique.

« A la différence des trails dits « classiques », on parle d’ultra trail lorsque l’on se demande si l’on va finir. »

     Je crois que mon Grand Trail des Templiers a commencé sur cette pensée, d’autres questions apparaîtront un peu plus tard…

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     Alors bien sûr, les puristes ne parleront d’ultra-distance que lorsque celle-ci s’étend sur au moins 100 kms, d’autres n’auront d’yeux que pour la mythique barre des 100 miles (environ 160 kms), d’autres encore, un peu moins téméraires parleront d’un double marathon.

     Nous sommes en 2013, voilà quelques mois que je m’adonne au gambadage avec un sérieux teinté d’une certaine « dilettance ». Après m’être frotté à des distances de 10 kms puis papoté avec leurs grands frères de 20-25 kms, voila qu’un beau soir de printemps, je trébuche sur un de ces moments inattendus et tombe nez à nez avec elle…

     Une belle rencontre est toujours impromptue, elle vous tombe dessus, vous agrippe et vous happe dans un tourbillon de sensations nouvelles. Arraché à vos rêveries d’alors, vous allez vous surprendre à balayer le rêve au profit de l’espérance. Espérer que ce moment se reproduise à nouveau, espérer que ce feu vous frôle, vous réchauffe avant de le laisser, ne serait ce qu’une fois encore, vous consumer. Mais l’équation connait plusieurs inconnues en plus de celles que vous venez de rencontrer. Le charme opère t’il de l’autre côté ? Est-elle juste au moins disponible ?…L’ascenseur émotionnel est en marche, d’abord ascensionnel, fier, le torse bombé et sûr de ses forces il amorce peu à peu une descente tout aussi rapide lorsque mit au contact du miroir. Ce dernier vous renvoie alors quelques défauts qui pourraient, le moment venu, jouer en votre défaveur.

     Mais revenons-en à elle. Comment vous la décrire sans ressentir une pointe de cette émotion qui vous retourne le ventre, de celle qui vous assèche la bouche et vous dilate les pupilles. Les oreilles se réchauffent et les membres se font tout à coup malhabiles, de cette maladresse qui perçue par une personne extérieure pourrait paraître puérile, mais qui, dans la magie de l’instant est d’une sincérité sans nom. Ce qui m’a le plus marqué au premier regard est son assurance, cette sorte de force invisible qui s’échappe et vous saisi. Le pas sur, la démarche appliquée, à la voir devant moi, je peux encore et encore ressentir les effluves qui émanent de sa peau. L’air semble dompté et le vent prend inconditionnellement le chemin de mes sens qui progressivement s’élancent dans une valse de douceur parfumée. On peut y sentir du musc blanc, des notes rosées entourées d’une pointe de jasmin. Je peux aisément imaginer la douceur de sa peau sous mes doigts qui progressivement glissent sur les reliefs de ses courbures, mais n’iront pas plus loin dans la timidité d’une première rencontre. Son sourire me transporte et perfore cette soirée un peu fraîche, tout à coup réchauffé lorsque ses yeux se lovent dans les miens. Ça y est, le temps s’est arrêté et je semble planer un instant au dessus de nos silhouettes qui, en un mouvement, se sont imperceptiblement rapprochées et s’effleurent. Rien n’est prononcé mais tout est dit. Elle est posée là, timidement, sur le meuble de la salle à manger, prête à s’abandonner, cette médaille est vraiment un mystère…une médaille…oui une médaille et un dossard pour être tout à fait honnête, A quoi d’autre pensiez vous ?

     C’est Sylvain qui a joué l’entremetteur et m’a fait découvrir cet évènement. La faute à cette médaille et ce dossard trônant fièrement dans son salon, ma curiosité et Google ont fait le reste. Il est vrai qu’il n’est pas trop difficile de trouver de quoi il s’agit à la lecture de l’inscription qui figure à son dos, Grand Trail des Templiers, 73 kms, 3300 D+.

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Une première rencontre aux formes généreuses

     Plusieurs mois se sont écoulés quand le camping-car s’élance sur les routes, direction plus au Sud, Millau en ligne de mire. Ce périple commencé la veille de la course est aussi l’occasion de partager un moment privilégié avec mes parents, venus pour l’occasion me soutenir dans cette démarche, qui avouons le, ne leur parait pas totalement compréhensible.  « Pourquoi donc se lancer à courir 73 kms ? »

     Une fois sur place, la priorité est de récupérer le dossard, ticket indispensable pour aller s’adonner aux pistes fléchées des Causses. Sur le chemin,  je retrouve Arnaud, coureur poitevin avec qui je me suis inscrit dans l’aventure, sourire aux lèvres, excité comme jamais et l’envie d’en découdre dans le moteur. Avant l’accès au sésame du dossard, passage savamment orchestré par l’organisation à travers le salon du trail, monté pour les festivités. L’occasion de voir des marques qu’on ne trouve pas vers chez nous, l’occasion surtout pour moi de me rendre compte que l’aspect commercial est de plus en plus présent. La course à l’armement commence ici et ça marche sacrément bien. Mon porte monnaie, resté au camping-car, ne s’en porte que mieux et je file sans me retourner vers ce pour quoi je traverse cette mangrove. Une fois la mission accomplie, je retourne à l’extérieur et assiste au spectacle des arrivées des autres courses qui se déroulent tout au long du weekend. Je regarde sans regarder, incrédule, ça y est, je suis au bord du précipice, un pas me sépare d’une première ballade au long cours.

     Un regard circulaire suffit cependant à me rendre compte que ce n’est pas une course dominicale comme les autres. Tout autour de moi s’agite, ce qui pourrait ressembler à une tribu de clones, ce que l’on appelle affectivement dans le jargon du coureur du dimanche, des machines….mollets saillants et jambes bien rasées, regard noir, équipement dernier cri. A ce moment précis, je me dis que, peut être, je ne suis pas à ma place, que peut être, j’ai eu l’audace de voir trop grand, trop tôt… moi petit coureur venu admirer des paysages inconnus, place aux doutes, doutes sur mes capacités à l’instant T et sur ma préparation à l’instant T-1, le tout ayant directement un impact au moment T+1. En parlant de cela, me revient d’ailleurs en mémoire une anecdote pas si ancienne. A la veille de se lancer dans son Ironman à Nice, je me souviens de ce message de Sylvain… « Mon Clem, la pression monte ; ici il n’y a que des mastodontes »….référence à l’aspect affuté des autres concurrents. Je lui avais alors répondu un peu naïvement de ne pas s’inquiéter, que si les dinosaures n’avaient pas survécu c’est qu’il y avait surement une raison et que lui petit homme était encore là, cette équation paraissait simple vu sous cet angle. En cette veille de course, je prends soudain  peu à peu conscience de ce stress qui finit à son tour, et bien malgré moi, par envahir ma nuit, heureusement celle-ci fut courte.

     3h15 s’affiche au réveil, les idées embuées et le regard endormi, je me lance dans la préparation logistique de la ballade, sac, chaussures, vêtements, dossards, puces, tout y passe avant un petit déjeuner éclairé aux saveurs du « soleil », spécialité culinaire locale. Comme à mon habitude je suis fâché avec la trotteuse et souffre d’un léger retard. Arnaud est déjà droit dans ses baskets et m’attends pour prendre la direction de la navette qui s’élance à 100 mètres de notre lieux de villégiature.

     La foule est déjà dense sur le parking. Après 5 minutes d’attente, durant lesquelles on se toise, se jauge, s’écoute, énonce sa stratégie, vient le moment de s’engouffrer dans la petite carlingue. Plus un centimètre carré n’est disponible. Entassés les uns contre les autres, nous ne formons qu’un. Ça sent le camphre et le menthol, mais ça sent surtout le stress qui tiraille les estomacs noués en une corde de survie qui relie chacun de nous. Le voyage est rapide. Nous apercevons au travers des vitres ce flux ininterrompu de coureurs qui progressent impassibles vers l’arche de départ. Nous le gagnons aussi progressivement avant d’être stoppé à 500 mètres de la ligne….2950 coureurs ça prend de la place…si jamais nous voulions aller au plus proche, c’est raté, nous sommes loin derrière et la remontée s’annonce difficile au vue de la densité de coureurs. Mais là, tout de suite et maintenant, c’est le grand moment, 4, 3, 2, 1, ça y est, le départ est donné, les fumigènes rouges sont déployés et la musique « Ameno » d’Era raisonne. Les cœurs sursautent et les jambes émettent des claquettis avant leur mise en mouvement, fébriles. Je cherche du regard si je n’aperçois pas mon père, mais rien n’y fait. J’ai une pensée pour lui et maman qui m’accompagneront le long de cette ballade, tout du moins, j’espère secrètement les croiser sur le parcours. Question course, 3kms nous séparent de la première difficulté. Entre le moment du départ et le moment où je franchis la ligne, 3 minutes se sont écoulées, de quoi donner le vertige mais aussi prolonger les frissons de ce moment unique. La foule est toujours extrêmement imposante sur la première portion de bitume. Avec Arnaud on essaye de se frayer un chemin pour remonter progressivement de peur de se faire bloquer quand viendra le fameux rétrécissement si redouté, mais que c’est compliqué dans cet amas de jambes. Arrivés à la première côte, nos inquiétudes gagnent la réalité, gros bouchon, nous sommes à l’arrêt. La montée qui s’en suit est longue, je vois Arnaud qui fulmine et s’impatiente, tout le monde est dans un faux rythme et chacun ronge son frein. Arnaud commence à prendre le bas côté avant de disparaitre, avalé par la foule. A ce moment précis, je me sens terriblement seul malgré tous ces regards qui m’entourent et espère retrouver mon compère pour la suite de la ballade. Je n’avais pas imaginé l’aventure sous cet angle…Vu la tournure des évènements, un changement d’état d’esprit s’impose, tant pis pour un hypothétique temps, de toute façon là c’est râpé et je n’ai pas envie de faire partie de ces gars qui passent leur temps à  bousculer pour gagner des places avant de les retrouver 30 kms plus loin au bord de l’agonie… Je décide de profiter de la course et me lance dans des discussions enflammées autour de ce qui nous pousse à être ici et maintenant, ça rigole, ça chambre et si une part de l’esprit trail était parmi ces anonymes des pelotons.

     Arrivé en haut au bout de 35 minutes d’ascension, je n’ai plus qu’à me retourner et contempler le balai de frontales qui dessinent la montagne. Le spectacle qui s’offre à moi est grandiose, c’est la première fois que j’assiste à ce genre de représentation. Les premiers sont déjà loin, mais se sont-ils, ne serait ce qu’une fois, retournés pour vivre ça ? Je laisse cette vision derrière moi et redémarre. Les jambes se déplient et s’emploient comme enivrées par cette liberté retrouvée. Je garde en tête qu’il existe pour ce genre de course des barrières horaires et décide donc d’accélérer le pas. La prudence reste cependant de mise, il y a fort à parier que la journée me réserve quelques surprises. Première descente, on passe d’un boulevard sur le plateau, à une monotrace. Paris à l’heure de la débauche, ça bouchonne, certains ronchonnent, « ici dans les descentes, on court » siffle un autre, mais on est dépositaire de la personne qui nous précède, elle-même dépositaire de celle qui la précède et ainsi de suite… jusqu’à… on ne sait pas vraiment où d’ailleurs… Je tente cependant quelques dépassements, mais les pierres qui bordent le sentier aimeraient profiter encore un instant de leur tranquillité et me le font savoir en se dérobant, la chute n’est pas loin, prudence, prudence…

     Arrivé au premier ravitaillement (village de Peyreleau) en avance sur les barrières horaires au bout de ces 21kms, je prends un peu de temps pour chercher Arnaud du regard mais rien. Arrêt stand de pâtes de fruits, eau et je repars. Je remonte encore et toujours les concurrents, tranquillement, deuxième côte, la côte de Peyreleau, 4kms de montée en monotrace avec 450m+, là encore impossible de dépasser, alors quoi de mieux que de contempler. Rien que pour les paysages, ça vaut le coup de se lancer dans ce genre de périple comme une excuse à la contemplation, ce parfum, cette rosée, le soleil s’est juste levé, c’est magnifique. La balade se poursuit, la côte est avalée et laisse place à Saint Andre de Vézines, deuxième ravitaillement au km31.

     L’heure est au premier bilan. Après avoir passé mon corps en revue, pour ce qui est des grandes lignes, je ne peux m’empêcher d’esquisser un sourire. Pour le moment tout semble trouver sa place. Ma fraicheur musculaire me surprend pour une sardine laissée au soleil depuis plus de 3h. Mais ne brulons pas les étapes et détour par le ravitaillement. Jusqu’ici l’avancé se fait selon deux variables, je cours sur le plat et dans les descentes quand la foule me le permet et monte en marchant. Entre nous, même s’il ne s’agit pas de la haute montagne, le dénivelé a prit du galon par rapport à ce que je rencontre habituellement en Deux-Sèvres. Les cuisses chauffent légèrement, devant en montée, derrière en descente, pourvu que mes genoux fragiles (héritage footbalistique, oui personne n’est parfait) tiennent. C’est reparti et nouvelle ascension avec la côte de Pierrefiche, 1.5km 346m+, aie aie aie, elle fait mal la bougre, et les réserves sont au plus mal, le ravitaillement se trouve juste après mais que c’est dur. La faiblesse me gagne, les jambes souffrent, le soleil fait son œuvre et la fatigue se fait sentir. C’est fou comme en si peu de temps le sablier peut être inversé d’une situation où tout semblait sourire à une situation d’inconfort certain.

     Enfin le ravitaillement et l’un de ces grands dilemmes. Si je ne me ravitaille pas correctement, je vais le payer et si je mange trop je le paierai aussi. Quand on dit qu’il faut débrancher le cerveau, réponse B, salé, sucré, eau, j’engouffre tout et d’une traite s’il vous plait, comme quoi la bêtise à besoin d’être complète pour être délicieuse. J’ai tout à fait conscience que la prochaine demi heure va donner du grain à moudre à mon estomac mais peu m’importe, à cet instant au diable l’avarice, il me reste encore quelques kilomètres pour m’en vouloir. J’avais lu quelque part que les Templiers commençaient au km40, le voici donc ce mystérieux personnage. Je repars de mon repas gargantuesque et pas manqué, je me sens lourd et mets quelques grosses dizaines de minutes à retrouver une certaine légèreté, 50ème km, moi et mon estomac, nous voilà.

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Le plaisir au bout des godasses

     On approche du ravin de Gazel et sa côte de 2.8km pour  313m+. La foule est dense sur cette portion et la foulée bizarrement beaucoup plus fluide portée par tous ces regards. Je sais à présent qu’il me reste moins de 20 kilomètres. A cet instant je me dis que j’en ai déjà couru des 20 kms (tout coureur à un moment donné est un peu mathématicien), certes pas après en avoir parcouru 50 et pas avec de tels dénivelés, mais je pense en être capable où tout du moins je tente de m’en persuader. Lorsque  j’élaborais mes plans d’avant course, je m’étais dit que passer le 60ème km je sais que j’irais au bout, j’y suis presque et repars en direction d’un point d’eau supplémentaire ajouté par l’organisation. Là encore la foule est au rendez vous et nous porte. Je cours tout à coup comme une petite gazelle après une bonne sieste, dandinant au son des « allez Clément » (petit luxe de certaines course à rallonge qui ajoutent le nom du coureur sur le dossard, on se croirait presque populaire). Bon le désavantage d’une telle euphorie, c’est qu’elle est grisante à tel point que l’on s’oublie soi même ou plutôt on oublie son corps auquel on manque de respect suite à cette accélération brutale. Je sens que j’ai grillé quelques cartouches dans l’histoire, une fois la liesse passée, et maintenant ? Je me retrouve seul avec la difficulté qui ricane sur mon épaule. Il reste encore une montée vers le dernier ravitaillement, la ferme du Cade, 2.8km pour  461m+. Elle fait très mal, je n’ai toujours pas vu mes parents et toujours pas de traces d’Arnaud que j’imagine bien devant vu la période de tempête que je suis en train de traverser, ça tangue de tous les cotés. La côte me fait souffrir, vraiment, autour de moi tout le monde est dans le dur, plusieurs coureurs mettent le clignotant, se rangent et s’arrêtent, d’autres sont allongés. Je continue, la tête basse, la bouche ouverte et les poumons toutes voiles dehors. J’aperçois soudain mon père descendu à ma rencontre et là, déclic. Que c’est bon de le voir, on finit la côte ensemble à discuter, je me sens beaucoup mieux et recours avec lui jusqu’au ravitaillement où je croise également ma mère pour un arrêt photo. C’est fou comme le cerveau peu retourner une situation. Il y a à peine 2 minutes j’étais englué dans mes idées noires et cette fatigue qui narguait mon corps aux abois, et maintenant, le sourire irradie mon visage au même rythme que mes jambes retrouvent tout à coup de la tonicité.

     Je vais me ravitailler et les retrouve à la sortie, j’ai pris quelques pâtes de fruits pour eux et prends le temps de papoter. Je sens leur soulagement en me voyant en bon état. il reste 8kms, quel plaisir de les voir à ce moment-là, ça sent bon l’écurie, je suis vraiment heureux. Je repars au bout de 10 minutes et croise de nombreuses personnes dans le rouge, petites tapes, sourires, clin d’œil, on y est presque, la même aventure. Dernière côte, la plus dure avec une petite partie bien taillée, on parle et rigole avec un groupe de coureurs pour se donner du courage, dernière descente, très technique, la grotte du hiboux, les paysages sont à couper le souffle.

     Au loin, on peut percevoir le chant des sirènes mué en voie du speaker. Cette fois ci on arrive, on va s’abandonner à ces sirènes là, les gens nous encouragent, plus que 500 mètres, de ces mètres qui paraissent tellement courts tant on a envie d’immortaliser le moment. J’aperçois tout à coup la symbolique arche en bois estampillé Templiers, fier, impassible mais qui représente tellement à cet instant précis. L’émotion m’envahi, je pense à énormément de personnes, mes parents d’abord qui m’ont accompagné et encouragé, mon équipe de recherche, le stade Poitevin triathlon, les conseils d’Albin, Antoine et Arnaud, une pensée pour mes copains d’entrainement, Denis mais aussi Gaël, ce grand traileur qui partage le sourire aux lèvres ses expériences, Xavier que j’ai croisé la veille sur le marathon des Causses, mon Sylvain j’y suis arrivé, merci pour ces supers messages d’encouragements. Je franchi la ligne, que c’est bon, 12h d’efforts (813ème sur 2950 partants et 2051 arrivants). Le temps n’est pas folichon me direz-vous mais l’essentiel aujourd’hui était ailleurs.

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Ce n’est pas l’arche de Noé mais cet arche en bois marque la fin d’une belle ballade

     Ainsi s’achève une première rencontre avec mon corps, le mental sur la table d’autopsie avec ses faiblesses et autres démons qui rodent. On a rien sans rien, c’était bon, c’était dur, c’était un premier gambadage au long court.

     Finisher, je crois que c’est un mot qui m’a accompagné tout au long de ces Causses, de sa préparation à sa réalisation et encore maintenant il vient clôturer cette belle aventure…Alors pourquoi s’imposer ça ? Peut être par amour suite à une rencontre au détour d’un meuble de salon. Peut être encore est-ce la porte d’accès à cette soupape de décompression qui nous sort de notre zone de confort pour nous prouver s’il était encore nécessaire que tout est éphémère. Au premier regard égoïste ce premier ébat m’a montré que l’aventure est pluriel, se partage et doit être partagée.  La fameuse breloque autour du cou, je repars.

« Je ne reviendrai sûrement pas, la faute à une devise, ne jamais revenir sur les lieux d’un crime pédestre quand il fut mené à son terme. »

     Place à présent aux courbatures qui feront de moi pendant quelques jours une âme à la démarche de manchot dans un monde d’humain.

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(Sur un air de première rencontre et de second rendez-vous)

Prochaine édition: du 19 au 22 Octobre 2017 / Ouverture des inscription: Mercredi 21 décembre 2016 / Lien vers le site de l’organisation (ici) / Sources photos (WONDERTRAIL, U-RUN).

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