Istria 100 – Au nom du père, des fils et du bel esprit ou l’art de la paternité

« Dans cette course aux sentiers où le temps perdu peut en faire gagner, le temps est souvent une fuite sans retour, se dilatant parfois, nous donnant ainsi l’illusion provisoire d’avoir le temps de vivre.

Au cœur de cette poursuite, s’il s’efface souvent, le temps n’est pas seulement une gomme éphémère mais un formidable moyen de mise en perspective. Moment suspendu où ce n’est plus la distance qui grappille le temps mais bel et bien le temps qui avale ces kilomètres qu’il nous reste à parcourir. Ce mouvement perpétuel entretient l’espoir de prendre son temps sans le perdre, faisant de la contemplation le passe-temps favori de ces corps en mouvement. Que ce soit par temps sec, pluvieux ou maussade, bien utilisé, le temps murit chaque chose. Ce n’est qu’après cette ultime floraison que le temps n’attend plus mais espère la naissance d’une belle histoire à vivre.

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Northburn 100, Quand le souffle du vent peuple la solitude ou l’art de la pensée éphémère

« Si le vent n’a pas de jambes, il court et dessine les crêtes de ces montagnes fraternelles qui s’élancent depuis Northbrun station. Soulevé comme la poussière qui s’élève frénétique depuis le sol de la ligne de départ, je m’étais imaginé dans le vent, naviguant sous une brise favorable qui me porterait au-delà de ces sommets timidement enneigés. Il ne me resterait qu’à orienter ma voile et me laisser glisser, utilisant le vent comme moteur de ce véhicule de corps qui n’aurait qu’à se faire léger et mobile avant d’être emporté.

Mais sans savoir ni d’où il vient ni où il va, j’ai peu à peu soufflé contre ce vent à en perdre le souffle. Essoufflé et ballotté comme une feuille morte, ma résilience mentale s’est retrouvée être une bougie trop exposée. Ce vent qui devait initialement me porter m’a saisi, plié puis malmené. Me retrouvant couché à agripper cette verdure sagement jaunie car trop souvent balayée, j’ai alors laissé s’envoler mes pensées en écoutant la voix du vent. Sans lui imposer la direction dans laquelle souffler, j’ai accepté sa gifle, naviguant comme la fumée qui le sent, mon corps s’est peu à peu relevé et enraciné, confrontant les vents du dedans et du dehors comme pour saisir l’insaisissable. S’il n’a pas d’odeur, le vent a emporté mes nuages intérieurs pour qu’à nouveau se dissipent les vicissitudes du quotidien. »

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Traces des Ducs de Savoie, « Dans les entrailles de la solitude ou l’art de l’abandon »

« Sur les traces des ducs, je me suis d’abord abandonné, porté par la nature sauvage d’une Savoie indomptable, pour abandonner ensuite aux sirènes trop douces d’une paix embellie de traits salvateurs, avant de me sentir abandonné à la solitude matinale d’un de ces lendemains qui déchantent quand l’aventure n’est pas menée à son terme ».

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Mangareva Pearl Trail 31 kms, 1 000 D+, « E Tupu te temeio ou l’art de la greffe »

« Si rien n’était écrit, il n’en restera que cette évidence. L’évidence d’une rencontre, l’évidence d’une alchimie, d’une greffe presque inévitable entre une idée un peu folle née aux confins de Tubuai et enlacée autour des rondeurs d’un nucleus, et un greffon passionné élevé dans l’amour d’un peuple tourné vers l’océan et qui peu à peu lève la tête vers ces terres hautes du Mokoto. Faire courir les Hommes sur les seins nourriciers d’une terre de caractère, voilà ce qu’Alexis a introduit au plus profond de la nacre mangarévienne. Des mois durant, gravitant, la nacre fit perdre la tête à ce nucleus oublié, dissipé bientôt sous le jour d’un bijou devenu perle et qui révèlera son éclat aux yeux ébahis de missionnaires d’un nouveau genre débarquant baskets aux pieds. Ce Mangareva Pearl Trail est unique, inclassable, sans doute même inexplicable… ». Lire la suite Mangareva Pearl Trail 31 kms, 1 000 D+, « E Tupu te temeio ou l’art de la greffe »

Marathon de Barcelone, « Libertinage avoué, à demi pardonné, ou l’art de s’émanciper »

« La colonne de coureurs s’élance tout à coup, disséminée bientôt comme on dessine, des racines à la cime, le squelette animé d’un invertébré boisé. Le marathon de Barcelone transpire la catalogne, sorte d’effervescence flamboyante qui se consume jusque tard dans la nuit. Le bitume aime soudain la nature, comme jadis son maître Gaudi, dont la ville se dévoile, assaillie qu’elle était, par une horde d’architectes traçant de leurs pas les contours kilométriques d’un édifice héroïque sous la lumière bienveillante d’un matin heureux. Comme disait notre hôte, le soleil est le plus beau des peintres, alors embrassons Saint Exupéry troquant son mouton, l’espace d’une matinée, pour nous dessiner un marathon. Car à n’en pas douter, Barcelone n’a rien du mouton et semble avoir accouché en ce début d’année 2018 d’une vague de contestation attisée par un vent de liberté qui estampille son goudron de rubans jaunes. L’indépendance se revendique, se discute, et s’affiche jusque sur la poitrine enorgueillie des catalans et catalanes, qui toutes voiles dehors agitent une flotte de drapeaux, signe de ralliement d’un peuple intensément libre, Catalogne versus Espagne, rouge et jaune contre rouge et jaune comme point de départ à ma première expérience libertine.»

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Ultra challenge des Escaliers des Dunes, 42.5 kms, 6 000 D+, « Quand l’ascenseur est bloqué, il reste les escaliers ou l’art de s’envoyer en l’air »

« Poitiers, douce amante… maintes fois, solitaire je me suis lancé à l’assaut de ton cœur, martelant de mes pas, à l’instar d’un Charles jadis, les contours de ta Grand’Rue comme on trace une ligne de vie de notre dame la grande au quartier Sainte Croix. Gallopant-romanesque le tracé du Decamanus pour échouer au creux des lèvres d’un Clain engrossé qu’il était sous les coups de boutoirs d’un hiver pluvieux. Ma bataille de Poitiers a embrassé les marches, celles des Dunes dans un tête à tête qui n’a d’héroïque que sa déraison. Déraison volontaire mais solidaire au sein d’une armée de Francs valeureux et heureux de partager l’espace d’un soir une histoire sans lendemain ». Lire la suite Ultra challenge des Escaliers des Dunes, 42.5 kms, 6 000 D+, « Quand l’ascenseur est bloqué, il reste les escaliers ou l’art de s’envoyer en l’air »

La mécanique des cœurs, 24h de Saint-Maixent-l’Ecole « Bernard Gaudin ».

     A force d’écrire des comptes rendus dans lesquels je mettais en mots mes aventures ce qui, je vous l’accorde, pouvait s’apparenter parfois à une sorte de verbiage unidirectionnel, j’avais peur de rentrer dans une routine et finir par me raconter plus que de partager. J’en finissais par questionner la démarche qui m’apparaissait avec le recul un brin égoïste voir égocentrique et « apudique ». Déshabillant mes sentiments, exposant mes émotions, révélant mes faiblesses autant que mes vices à travers un monologue qui emmenait le lecteur sur le terrain d’une pensée unique comme on pénètre dans une attraction à sensation dont on serait spectateur, un retour aux sources était nécessaire pour envoyer ces lignes vers des terres plus sauvages. Une façon pour moi de raconter les autres, en simple figurant, comme pour figer les images et animer les corps en leur donnant du cœur. Et quoi de mieux que de s’attaquer au sacro-saint 24h d’endurance. Lire la suite La mécanique des cœurs, 24h de Saint-Maixent-l’Ecole « Bernard Gaudin ».

Tour du Cadran-AQUATERRA, 70 kms 2700 D+, « Les genoux à terre et les pieds dans l’eau ou l’art de la marche »

     J’aurais aimé commencer ces lignes en vous invitant à bord de la capsule du commandant Cousteau, pénétrant dans les années 70 les entrailles du lac de Bort-les-Orgues. Nous nous serions alors installés les yeux adossés aux hublots pour pousser les portes des villages engloutis de Port-Dieu, Milaet et Valette. Qui sait, nous nous serions peut-être surpris à rêver un instant de la vie d’Antan, cette vie pas si ancienne, qui animait jadis la vallée et qui semble à présent figée sous le poids des eaux. Malheureusement, mes orteils ne m’ayant pas façonné le pied marin, au mieux, disons, un pied éventuellement côtier, regagnons la surface et restons terre à terre pour nous lancer à l’assaut du parcours du Tour du Cadran dont la trace enlace entièrement le lac de Bort-Les-Orgues dans une étreinte de 70kms pour 2700m de dénivelés positifs.

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Ultra Tour du Haut Giffre, 85 kms 6000 D+, « Et au milieu de la place trônait un vieux Tilleul ou l’art de la sieste »

     J’aurais aimé commencer ces lignes en vous énonçant les aventures vécues tout au long de l’Ultra Tour du Haut Giffre ou comment il m’est arrivé de papoter avec un vieillard de pas moins de 6 siècles, trébuché sur un fer à cheval, été embrasser par une reine et enlacé à de nombreuses reprises par les bras de Morphée, mais je crois que vous m’auriez taxé de menteur ou à défaut de mégalomane…

     Et pourtant, laissez-moi vous compter l’histoire extraordinaire d’un habitant ordinaire du royaume du plat pays qui se rêvait savoyard l’espace d’approximativement 23 lieues… Lire la suite Ultra Tour du Haut Giffre, 85 kms 6000 D+, « Et au milieu de la place trônait un vieux Tilleul ou l’art de la sieste »

Grand trail des Templiers, 73 kms 3300 D+, « Sur un air de première fois »

     Une belle rencontre est toujours impromptue, elle vous tombe dessus, vous agrippe et vous happe dans un tourbillon de sensations nouvelles. Arraché à vos rêveries d’alors, vous allez vous surprendre à balayer le rêve au profit de l’espérance… Lire la suite Grand trail des Templiers, 73 kms 3300 D+, « Sur un air de première fois »